Évidemment, cet ouvrage est l’œuvre d’une autrice. Ottavia Marangoni se présente comme une symboliste, elle fait des recherches sur les vestiges des religions, christiques et païennes, à la fois dans nos sociétés et édifices.

L’ouvrage est assez simplement découpé en quatre chapitres : les déesses, les prophétesses, les prêtresses, et enfin les sorcières et magiciennes.

Petit reproche sur la forme de l’ouvrage : l’absence de sommaire et des illustrations assez peu nombreuses, surtout sachant que son autrice se fait une spécialité de visiter un grand nombre de lieux sacrés.

Dans la Bible, dans le tout premier livre, celui de la Genèse, on peut lire, selon les traductions, que Dieu a créé la femme « pour secourir l’homme ». En voilà un élément qui permet d’allumer une étincelle de révolte concernant le sort fait aux femmes dans ces religions où finalement, elles sont si peu considérées.

D’ailleurs, sur le site de l’éditeur, le pitch de l’ouvrage interroge directement : pourquoi dans tous ces si nombreux lieux de culte, présents ou passés, n’y a-t-il pas de femmes prêtresses, s’agissant évidemment du catholicisme ?

De fait, l’ouvrage nous invite à comprendre que, de tous temps, les femmes ont bien entendu participé activement à la construction des religions. D’abord et avant tout parce que ce sont les gardiennes du mystère du don de la vie. L’autrice, entamant son récit par les croyances archaïques, nous entraîne dans ces grottes où la vulve d’où jaillissent les enfants est souvent représentée.

 

Les femmes, partout dans les religions

 

Chaque chapitre se découpe ainsi. Partant des observations de l’autrice dans ses nombreuses pérégrinations, le développement se fait à travers le portrait en creux de certaines figures féminines, de Marie-Madeleine ou Morgane à Jeanne d’Arc pour les plus connues à la déesse Belisama, aux oracles sibylles ou à Phyllis, jeune fille qui troublait tant Alexandre le Grand qu’Aristote, professeur du jeune souverain, dut s’en mêler.

Telle une journaliste en mission, elle resitue ses découvertes géographiquement et historiquement et conte littéralement ces histoires ou anecdotes. Elle nous emmène en balade, s’exprimant à la première personne et donnant volontiers son point de vue : l’ouvrage est engagé, à la fois scientifique et empreint de la sensibilité de l’autrice.

Mais le propos n’est pas celui du féminisme militant. C’est davantage une interrogation sur la juste reconnaissance de la présence du féminin au cours de l’histoire de ces religions, de comment on l’a tantôt nié, tantôt laissé resurgir tout en conservant fermement les rennes du pouvoir aux seuls hommes.

C’est d’ailleurs très bien illustré par cette dernière phrase sur le point historique concernant la pucelle d’Orléans, qui fut brûlée vive pour, selon l’autrice, ne pas conserver de reliques qui auraient pu être idolâtrées : «  La femme doit-elle toujours entrer dans l’Histoire par la souffrance et la diffamation ? »

Divines et dévouées, la place des femmes dans l’histoire des religions par Ottavia Marangoni, éditions Le courrier du Livre

Photo de couverture : Adobe / jozefklopacka

Et avec ceci ?

Et puis aussi...

Ailleurs sur Tasty...

Article précédentFeu et liberté : l’été qui va tout changer
Article suivantBienvenue en Crète, l’île des dieux (1/)

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît, enregistrez votre commentaire
Ecrivez votre nom ici s'il vous plaît