Évidemment, il n’y a pas que le farniente à raconter à propos de ce séjour. Mais c’était plus que clairement le but recherché. Le refrain n’est-il pas “en vacances, j’oublie tout / Plus rien à faire du tout” ?
Eh bien c’est la première fois que je vivais cela. Et maintenant, je comprends mieux tous ces gens qui rentrent de vacances regonflés à bloc, pleins d’énergie et prêts à déplacer des montagnes. En fait, les vacances devraient être remboursées par la Sécu. La productivité et la consommation des Français seraient dopées.
Reprenons. La bonne nouvelle, pour aller en Crète, à Héraklion en tout cas, c’est que les compagnies low cost desservent cet aéroport. Donc le billet n’est pas proposé à un tarif exorbitant. De mon côté, j’avoue, je ne voulais pas me casser la tête donc j’ai pris une offre all inclusive comme on dit. Entrée plat dessert, c’est-à-dire la chambre, la pension complète et même l’avion. Farniente on a dit.
Le soleil, la mer, les marches et le farniente
Je suis donc partie, un jour de grève donc avec une belle frousse, de l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. Mais heureusement, tout s’est bien passé. Ouf.
Temps de vol ? Environ 3h30. Avec la compagnie grecque Aegian Airlines. Ils sont sympas quand même, ils nous offrent un bonbon à l’entrée dans l’avion. C’est bête mais ça fait plaisir.
J’ai regardé Paris par le hublot, repéré l’Arc de Triomphe, la Tour Eiffel car oui, c’était mon premier décollage de là-bas. On a tous besoin d’une première fois, n’est-ce pas ? Et qu’ai-je donc fait pendant le vol ? J’ai dormi, mais tellement dormi. Le temps de l’embarquement, j’ai bouclé ma ceinture et me suis assoupie. On a dû me réveiller pour vérifier qu’elle était bien mise.
Et à l’atterrissage ? Rebelote, on a dû me réveiller pour vérifier que la ceinture était bien bouclée. C’est dire à quel point ces 3h30 sont passées rapidement pour moi. Peut-être pas pour mes voisins mais c’est une autre histoire. La leur.
Vive les taxis crétois
A l’arrivée, j’ai littéralement débarqué. Je n’avais pas prévu de navette jusqu’à l’hôtel donc j’ai dû me tourner vers les taxis locaux. Ouf, ils prennent la CB sans sourciller. Cela dit, le cash est une bonne idée en Grèce, nous en reparlerons. Le voyage jusqu’à Tsoutsouros coûte 100 euros. Au début, on fait gloups. Et puis finalement, c’est totalement justifié. En France, on m’aurait fait payer le double, je pense.

Parce que la Crète est une île pleine de montagnes, donc de routes sinueuses, surtout sur la côte. Et en fait, pour le taxi, conduit par Nik, j’ai payé la course au départ. C’est apparemment dans une charte signée par toute la profession.
Donc pas de mauvaise surprise à l’arrivée. Et il m’a même offert une bouteille d’eau bien fraîche. Merci Nik. En plus, nous avons eu la chance de croiser le chemin d’un troupeau de moutons, et là, ben ça a juste été magique. Et le dépaysement total durant cette heure de transport parce qu’en plus, la circulation était quasi nulle. Seuls les ovins sus-nommés nous ont ralentis.
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Arrivée à Tsoutsouros : bienvenue à l’hôtel Triton
Cet hôtel, en fait, regroupe un paquet de bâtiments. Il y a celui où se trouve la réception et la véranda sous laquelle on prend les repas. Mais il y en a aussi d’autres. Honnêtement, je ne les ai pas comptés. Mais il doit bien en compter cinq ou six. Sachant que le bar situé juste à côté fait aussi partie de l’hôtel.
Et c’est là que ça se gâte un chouya. Pour passer des vacances là-bas, prévoyez de bonnes… jambes. Parce que oui, l’hôtel est au bord de la mer, il suffit de traverser une rue. Mais les montagnes plongent littéralement dedans. Et donc les immeubles – ou plutôt les maisons – sont assez hauts. Et surtout il n’y a que peu ou pas d’ascenseur.
Quand je suis arrivée, ma chambre était en haut d’une quarantaine de marches. Et quand j’ai changé, je les ai comptées, je gravissais 80 marches pour arriver à destination. Car oui, j’ai dû changer. Je devais avoir une chambre “avec vue latérale sur mer”. Sauf que j’ai passé ma première nuit dans une chambre avec vue sur… rien.

Et là, le miracle a opéré. N’hésitez jamais à réclamer, toujours poliment, quand votre réservation ne correspond pas à la réalité. J’ai finalement hérité d’une suite avec terrasse ! Mais là, il fallait gravir les fameuses 80 marches. La suite se mérite mais elle valait largement cette petite séance de steps.
L’équipe de l’hôtel, dirigée par Manos, est aux petits soins. Tout là-haut, le wifi passe beaucoup moins bien. J’ai donc hérité d’un routeur, juste pour moi. En échange du désagrément préalable – qui a quand même duré quelques jours, je peux accéder à la plage de sable durant tout le séjour.
Les plages, la taxe de séjour, les faux frais
Car oui, il y a deux plages à l’hôtel. Les deux sont juste en face de l’hôtel. Et vous savez quoi ? La différence tient à 10 euros par jour. Et c’est à la fois ridicule et énorme.
Mais reprenons : qui dit hôtel dit la plupart du temps taxe de séjour. Et la taxe de séjour en Crète n’est franchement pas donnée: 10 euros par jour et par personne. Et on vous recommandera plus que chaudement de la payer en espèces, comme beaucoup de choses là-bas. Donc le bon réflexe avant votre départ ? Prévoyez du cash, selon la longueur du séjour, ça peut toujours servir. Et puis la Grèce est dans la zone euro. Si vous n’utilisez pas ce cash là-bas, il aura son utilité ici.
Parlons des plages donc. Elles ont leurs transats, et tout. Mais l’une, accessible gratuitement, était ornée de multiples galets, rochers, etc, le tout bien glissant et bien tranchant. Pareil dans l’eau. Il m’aurait fallu une paire de méduses (avec-vous la réf ? comme on dit ?) pour entrer dans l’eau et m’y baigner en toute sécurité.

L’autre plage, vous la voyez sur la photo. Limite féérique, baldaquins, lits de plage et surtout, au sol, du sable. Dans l’eau et hors de l’eau. Ça change tout. J’ai passé des heures à converser avec la mer. Avec les nymphes et tutti quanti. Pour de vrai.
La mer… qui devient la mienne
Soyons clairs. J’adore la mer. Les vacances ne sont pas vraiment des vacances sans elle. Mais moi, j’ai grandi dans le Pas-de-Calais. “Ma” mer, c’est celle qu’on trouve “super bonne” à 17 degrés après avoir 10 minutes à y entrer. Celle qui a des marées de folie, où on peut marcher parfois sur des centaines de mètres pour rattraper l’onde. Celle qui engloutit vos membres car non, elle n’est ni bleue ni transparente et qu’on n’ouvre absolument pas les yeux quand on y pique une tête. Celle qui vous déloge un rhume en deux secondes tellement elle est salée.
La mer qui borde Tsoutsouros, c’est la mer de Lybie, une “dépendance” de la Méditerranée en gros. Qui m’a toujours laissée dubitative quand j’ai fréquenté son littoral en France. Parce que les plages où j’ai posé ma serviette présentaient une mer d’huile. Quel ennui. “Pas de vagues” n’est jamais une expression positive à mes yeux.
Et cette fois, oui, j’y suis restée barboter des heures. J’y pénétrais en un clin d’œil car l’eau de septembre a évidemment accumulé la chaleur de l’été. S’immerger revenait à recevoir une caresse. Des vagues et du mouvement juste comme il faut. Une eau bleue, pure, magnifique, qui laissait voir les mains… et les pieds ! Et combien de fois ai-je plongé la tête les yeux grands ouverts, moi qui nage comme un fer à repasser, justement pour profiter de cette lumière qui traversait les eaux, les rendant irrésistiblement attirantes ?
J’ai d’ailleurs amèrement regretté de ne pas être meilleure nageuse pour m’aventurer plus loin dans le royaume de Poséidon. Cela dit, le vent, extrêmement présent, invitait à la baignade prudente pour tous. Même pour celles et ceux qui s’y trouvent… comme des poissons dans l’eau… J’avoue, elle est facile.
Le tzatziki, le farniente, la feta
Intéressons-nous un peu à l’assiette. Je vous l’ai dit, “all included”. Je ne me suis même pas fatiguée à aller chercher un restaurant. Et pourtant, il y en avait. Non, j’ai mangé à l’hôtel. Trois fois par jour. Et trois fois par jour, la fantastique feta locale, et le tzatziki ont fait ma joie.
Et puis, contrairement à tellement d’hôtels français, les boissons, en tout cas certaines, sont comprises dans le forfait. Il y avait de l’eau bien sûr, mais également des machines pour les “softs” comme on dit, et puis une tireuse à bière, une à vin blanc et une à vin rouge. Alors oui, la modération est toujours de mise… en tout cas pour la plupart des clients mais ces produits, issus de la production locale, légers, étaient tout à fait honorables. Je regrette juste de ne pas avoir trouvé (je n’ai pas cherché) de ce rosé dit demi-sec très prisé en Grèce et dont je m’étais régalée lors d’un séjour lointain, du côté de Thessalonique.

On arrive au bilan de ce séjour, dans ce bel hôtel Triton. Pas de chichis, c’est certain, mais quand on est à un tel degré de fatigue, les chichis paraissent… superflus. L’essentiel était bien là. Il était propre, la vue était à couper le souffle, les installations d’excellente facture – bon lit, salle de bain bien pensée et toute neuve, bonne isolation, climatisation précise et réactive. Ce qui a permis de vraies bonnes vacances, une détente totale.
Que demande le peuple ? Sans surprise ? D’y retourner bien sûr.
Crédit photo de couverture : Tasty Life Magazine

































