Une fois sortie du TGV, je me suis précipitée… dans un autre train. Heureusement qu’il y a une consigne à la gare de Strasbourg pour y laisser ma grosse valise toute féminine. Direction Mulhouse et plus précisément, la Maison Kieny à Riedisheim.

 

Dans ce restaurant, il y a une table spéciale : le Stammtisch, plus ou moins l’apéro, l’endroit très convivial en Alsace. J’ai le plaisir d’y être installée quand je me rends à la Maison Kieny. Crédit photo : Tasty Life Magazine.

 

Pourquoi cet endroit ? Parce que depuis que j’ai quitté l’Alsace en 2013, région où j’ai vécu une dizaine d’années, je promettais au couple qui dirigeait cette belle maison, Mariella et Jean-Marc Kieny, de leur rendre visite. Je ne l’ai fait qu’une fois en 2014, un an après mon départ. Et malheureusement, avant que je ne puisse y retourner, Jean-Marc Kieny nous avait quittés, très brutalement. Il était donc logique et surtout important pour moi de tenir ma promesse à Mariella : revenir avant la fin septembre 2018. Dont acte. L’esprit du chef y est toujours, son épouse et sa maman y veillent. J’avais rencontré Jean-Marc Kieny à plusieurs reprises et j’avais enregistré nos conversations. Parce que c’était bien plus intéressant de discuter avec lui à bâtons rompus donc sans prendre de notes. Je vous livre ici quelques extraits de nos conversations, toujours riches, intéressantes et souvent drôles aussi. Elles n’étaient pas destinées à être publiées donc parfois, le son ne sera pas parfait mais ce sont des petits moments soigneusement choisis et montés. Ces extraits datent de 2012 et 2013 et ne sont pas chronologiques. Ils se terminent avec l’obtention de son titre de chef de l’année du guide Pudlo Alsace en 2012. Un prix qui a mis a mal sa grande humilité mais qui lui a fait aussi un immense plaisir. C’est mon petit hommage, que je n’avais pas pu lui rendre au moment de sa disparition, au printemps 2017.

 

 Mariella et Jean-Marc Kieny. Crédit photo : Tasty Life Magazine.

 

Le repas. Pour mieux voir les plats, cliquez sur les photos.

 

 

Et ce fut délicieux à tous points de vue de revenir dans ce restaurant qui a conservé son étoile Michelin et sa douce chaleur très familiale, très agréable. Dans l’assiette, on reconnaît la patte du chef, la simplicité non feinte, le goût et l’amour du produit sans oublier un esthétisme recherché, mais sans fioritures. En salle aussi : l’accueil est incomparable. Mariella Kieny a bien fait de rebaptiser l’établissement La Maison Kieny. Anciennement, il se nommait La Poste Kieny, ouvert depuis plus de 155 ans et sept générations. Son équipe, très fidèle, est là depuis longtemps et c’est remarquable dans un monde gastronomique où le turn-over pourrait donner le tournis. Mais non, la Maison Kieny est un bel exemple de stabilité en évoluant toujours, sans déstabiliser les équipes et la clientèle. Une rareté qui mérite un immense coup de chapeau à la maîtresse des lieux, la lumineuse Mariella Kieny, bien épaulée par sa belle-mère et le frère du chef, le pâtissier Laurent Kieny.

 

Photo de l’équipe avec au centre Madame Kieny, Mariella et Laurent Kieny. Crédit photo : La Maison Kieny.

 

Eh bien après un déjeuner aussi riche, en émotion comme dans l’assiette, je suis rentrée à Strasbourg, dans l’appartement que je louais pour l’occasion (les hôtels sont magnifiques à Strasbourg mais justement : ils valent les prix demandés et mon porte-monnaie préférait s’orienter autrement).

Le lendemain, dimanche, je me suis rendue dans l’une de mes winstubs favorites : le Meiselocker, située dans le cœur historique de Strasbourg, à deux pas de la cathédrale. Qu’est-ce qu’une winstub ? Eh bien auparavant, c’était un dépôt de vin ou un endroit où l’on buvait du vin. L’Alsace est une terre vinicole très riche. Il est nécessaire de le rappeler dans ce contexte car finalement, les cartes parisiennes ou lilloises, mes deux derniers lieux de résidence, ne sont pas bien fournies en vins d’Alsace. A quoi cela est-il dû ? Aux viticulteurs alsaciens qui préfèrent exporter ? Aux sommeliers et restaurateurs qui ne s’y intéressent pas ? Aux consommateurs qui croient que les vins d’Alsace font toujours mal à la tête, alors que c’est la région qui a le plus vite compris l’intérêt du bio, de la biodynamie, voire du label haute qualité environnementale ? Sais pas. Mais moi, j’aime aller dans les winstubs parce qu’on y retrouve le véritable terroir alsacien, dans l’assiette et dans le verre, à l’instar des estaminets flamands, des bouchons lyonnais, etc.

Le Meiselocker est un des nombreux restaurants que possède Cédric Moulot, fils de restaurateurs et tout juste quadragénaire, dans la capitale alsacienne. Deux d’entre eux sont étoilés, le 1741 et le Crocodile, tout récent lauréat du titre de meilleur restaurant gastronomique du monde décerné par les internautes du site participatif TripAdvisor ! Ouvert en 2012, le Meiselocker est l’un de mes spots favoris. Parce que comme dans la plupart des entreprises de Cédric Moulot, on peut y être servi même tard le midi ou le soir, et sept jours sur sept. Et puis je connais un peu le personnel. Béatrice en salle et le chef, Jonathan Nay. Qui me gâtent quand je pointe le bout de mon nez. Donc, quand on aime, on ne compte pas : j’y suis allée trois fois en une semaine. Parce que contrairement à beaucoup de patrons possédant plusieurs restaurants, Cédric Moulot est lui-même cuisinier. Et ça, ça change tout. A chaque fois qu’il sait que je suis passée dans un de ses établissements, ce dont je ne l’informe pas toujours, il me demande comment ça a été. Et comme je suis franche, je lui dis. Et là, je dois le dire, j’ai très bien mangé. Les trois fois. Et vous pouvez vérifier grâce à ces quelques clichés.

 

 

Bon, le jambonneau gratiné au munster n’est plus à la carte au Meiselocker. Ça, c’est le chef Jonathan qui m’a fait un petit cadeau parce que les deux premières fois où je suis venue, il n’était exceptionnellement pas dans sa cuisine. Et le truc rigolo, c’est le grand « han » qui a retenti dans la salle du restaurant quand on m’a amené mon plat, gigantesque, il faut le dire. C’est le côté sympathique d’une winstub : les tables sont très proches, on peut facilement discuter avec avec les autres convives. À Strasbourg, j’ai aussi déjeuné dans ce restaurant gastronomique dont nous avons déjà parlé sur Tasty Life Magazine : la Casserole. Là aussi, située tout près de la cathédrale, dans la vieille ville, avec le service si bien réglé par son directeur et propriétaire Cédric Kuster, et ses excellents choix en cuisine. Jamais la moindre déception de ce côté. Florilège de mes assiettes au Meiselocker, au Parc à Obernai, à La Casserole et au Bastardo à Strasbourg

 

Certains mets, je ne les mange qu’ici. Une choucroute par exemple, et aussi une tarte flambée comme on dit là-bas, une flammenkueche comme on tente de le dire partout ailleurs en France. C’est LE plat amical par excellence et j’en ai dégusté à deux endroits différents mais je l’ai fait à l’alsacienne. C’est-à-dire qu’avec les amis avec lesquels nous avons partagé ces tartes, roulettes à la main, nous sommes allés à la campagne pour les déguster. C’est ainsi. La plupart des citadins préfèrent la tarte flambée dans des établissements sans autre prétention que la convivialité du moment et au feu de bois s’il vous plaît.

À part les plaisirs de la table, il y a un autre élément incontournable dans un séjour touristique en Alsace, hors marchés de Noël qui battent leur plein en ce moment : les spas. C’est quelque chose de très peu connu ailleurs en France mais l’Alsace est truffée d’établissements de très haute qualité dans ce domaine. C’est d’ailleurs très porteur, ces maisons rivalisent de nouveautés, de dispositifs et de formules différentes pour accéder à cet art de vivre qui vient plutôt d’Outre-Rhin, voire d’Autriche. Nous avons déjà évoqué le Parc à Obernai, qui réalise des travaux titanesques en ce moment (je suis allée voir, avec une halte à la divine winstub également).

Pourquoi je reparle soudainement de repas ? Parce que ces spas sont souvent situés dans des hôtels-restaurants, et proposent pour la plupart des formules repas-spa. Attention, quand on parle de spa, on ne parle pas de thalassothérapie. On parle d’espace bien-être. Pour souffler, se reposer, il n’est pas question de soins médicaux ni de cure. Comptez en moyenne un peu moins d’une centaine d’euros pour un repas en trois services ou au buffet, comme à La Cheneaudière où je me suis rendue après pas mal de péripéties, avec l’accès au spa pour la demie ou la journée. Les soins dispensés par les esthéticiennes sont en plus la plupart du temps. Comme beaucoup de maisons en Alsace, La Cheneaudière, hôtel 5 étoiles, membre fondateur des Relais et Châteaux, se trouve dans la campagne profonde. Mais ce que j’ignorais, et je le saurai pour la prochaine fois, c’est qu’il y a une gare à 2 petits kilomètres et qu’on y récupère et conduit régulièrement les clients. Très utile à savoir. Vraiment. (Oui, j’ai eu des problèmes de voiture. Longue histoire que je vais vous épargner).

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Tout petit aperçu du buffet (salé) de la Cheneaudière. Mais vraiment tout petit. Crédit Photo : Tasty Life Magazine.

 

Donc La Cheneaudière se situe dans la très belle vallée de la Bruche. Et depuis mon départ d’Alsace, s’est fait une beauté. Mais vraiment. Chacune des chambres a été transformée et surtout, surtout, le jeune propriétaire de l’endroit, Nicolas Decker, a voulu en faire un lieu unique. Bien vu car la Cheneaudière a reçu beaucoup de prix depuis ces transformations et sa fréquentation fait des envieux. Tant mieux car on parle là d’investissements à coup de millions d’euros. Nicolas Decker l’explique bien mieux que moi.

 

Je vous décris un peu à quoi ressemble ce spa. Tout d’abord, il est situé sur les hauteurs donc la vue via les immenses baies vitrées est à couper le souffle, surtout quand vous êtes dans la piscine extérieure et que vous branchez les bulles. Testé pour vous, c’est vraiment un moment fantastique. Et oui, je suis un peu une fanatique de jacuzzi et de spas en règle générale d’ailleurs. Cet espace bien-être s’étale sur trois étages. Evidemment, il y a des piscines, saunas et hammams mais pas seulement. Il y a ce bain où la concentration de sel vous fait flotter sans effort et où vous dérivez, pendant une demi-heure. Une sensation terriblement apaisante, sachant que vous pouvez expérimenter la chose seul.e ou en couple. Il y a des lieux de repos sombres, bercés par le bruit d’une petite source, ou au contraire, en plein soleil.

 

Et puis la Cheneaudière profite aussi de sa situation à la campagne donc proche de la nature, pour réaliser une ligne complète de cosmétiques. C’est assez rare pour être souligné. Côté restauration, comme lors de l’interview avec Nicolas Decker, vous pouvez déambuler en peignoir (qui sont d’une épaisseur et d’un moelleux divins) dans l’espace buffet. Salé et sucré, le tout à volonté. Et comme la cuisine est un domaine qui est loin d’être laissé au hasard dans cette belle maison, on peut vraiment y passer un très bon moment, en toute saison car la nature environnante y est toujours vraiment très séduisante.

Bon, comme je suis une gourmande, je suis allée dans un autre hôtel restaurant spa deux jours plus tard, cette fois en Alsace du Nord, à la Source des Sens. Là aussi, repas (en trois services cette fois) puis après-midi au spa.

Pour tout ça, il faut venir en Alsace. Pour bien choisir le spa qui va vous correspondre, le site de l’association Spa in Alsace vous aidera. Vous n’avez plus qu’à vous régaler. À tous points de vue.

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