C’est la quatrième génération. Le Parc, hôtel, restaurants et spa à Obernai, derrière ses colombages et ses géraniums, a toujours abrité derrière cet apparent attachement à la tradition, une vision très moderne du métier, adossée à une noble ambition : toujours proposer les meilleurs côtés de l’hôtellerie sans perdre son âme. Maxime Wucher, directeur de l’ensemble, Marie Wucher, pâtissière, et le chef Cyril Bonnard sont aujourd’hui à la tête de cet établissement pourvu de quatre étoiles hôtelières. Ils entendent bien continuer à faire prospérer l’affaire, dans la droite ligne de l’arrière-grand-mère, la grand-mère et les parents des deux premiers nommés, Monique et Marc Wucher. Comment comptent-ils conserver ce coup d’avance ? Après les délices de l’assiette, continuons avec le concept.

L’assiette est un des nombreux produits d’appel du Parc, mais les concepts de chaque ‘spot’ que compte l’établissement aussi. Par ‘spot’, entendez lieu de rassemblement. Pour que Marie Wucher, Cyril Bonnard et Maxime Wucher puissent donner la bonne impulsion à l’établissement, celle qui va évoluer et durer, il fallait que les deux premiers nommés soient rentrés du bout du monde où ils se trouvaient.
Il y avait ce besoin de conjonction des planètes pour que tout soit en place, que la réflexion s’enclenche et après, la concrétisation de nouvelles ambitions, sans pour autant renier l’héritage des générations précédentes. Car ces spots ont toujours eu des concepts différents. Hors de question de modifier cette particularité, qui donne une bonne partie de son dynamisme à l’établissement.

 

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Le trio presque infernal à la tête du Parc : Marie et Maxime Wucher et Cyril Bonnard. Crédit photo : Le Parc.

 

Point fort de ce trio : l’excellente entente et de nombreuses expériences à l’étranger que les trois jeunes gens arrivent à faire converger dans une vision commune de l’entreprise et de ses projets. « Nous avions des acquis déjà via mes parents, note Maxime Wucher. Et notre chance, c’est qu’ils nous ont envoyés faire nos expériences à l’étranger. C’est assez répandu maintenant mais à l’époque, c’était plutôt le tour des trois étoiles Michelin de France et de Navarre qu’on faisait faire aux jeunes. Ces expériences étrangères nous ont vraiment enrichis, nous permettent aujourd’hui d’être plus ouverts à d’autres façons de faire et à les adapter ici. Ce coup d’avance qu’avaient nos parents, nous le prolongeons aussi de cette façon ». Qui a dit qu’il fallait absolument tuer le père pour avancer ?

Des héritiers qui ne se reposent pas sur les acquis

« Il y avait des changements prévus, mais on ne pouvait pas les faire sans Marie et Cyril, explique Maxime Wucher. Il fallait être cohérent et aller jusqu’au bout dans le concept que nous voulons développer. Si un client nous dit que notre bar est vieillissant, ce n’est pas juste une rénovation que nous allons opérer. Il faut qu’il y ait une idée derrière, une ambiance, une histoire, une carte. Le mot concept est très anglo-saxon mais nous l’avons appris tous les trois à l’étranger. C’est peut-être ça qui nous donne ce coup d’avance, c’est que tout doit être cohérent, maîtrisé. »

En cela, la voie avait déjà été tracée par Marc et Monique Wucher. Le Parc est un des premiers hôtels français qui se soit doté d’un spa, une inspiration que l’ancien patron est allé chercher outre-Rhin et qui a finalement fait tâche d’huile. Et l’Asiane Spa, comme son nom l’indique, était déjà riche d’une thématique forte et propre. Pas juste une piscine, un jacuzzi et quelques cabines de massage. Son ambiance était déjà très pensée et réfléchie, et emmène ses convives du côté de l’Asie du sud-est, quelque part du côté de la Thaïlande ou de Singapour.

 

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La Stub : on est bien en Alsace ! Crédit photo : Le Parc / Marcel Ehrhard.

 

Aller au Parc, c’est entrer dans un monde particulier. Même si l’Alsace éternelle domine, notamment avec La Stub, le restaurant du midi totalement acquis à la cause régionale, le reste des équipements fait voyager. Le spa n’est donc pas qu’un spa, c’est l’Asiane Spa. Le bar n’est pas qu’un bar, c’est le Bar Waydelich, du nom de l’artiste Raymond-Emile Waydelich, dont l’oeuvre est présente partout dans cet écrin chaleureux. La salle du petit-déjeuner n’est pas qu’une salle de petit-déjeuner, c’est Tomi, avec sa cuisine « live » et une décoration pensée en fonction des œuvres et de l’esprit rebelle et coquin du célèbre illustrateur Tomi Ungerer.

Le bar à cigare, invitation au voyage

« Il y a un nom, une atmosphère, une carte, un état d’esprit. Quand on a fait le bar à cigares, le Habano Lounge, on n’a pas juste aménagé un local, avec une filtration de l’air. Nous avons fait des recherches au niveau des cigares. Pareil pour les alcools. Nous avons choisi de marquer notre différence. Au lieu des whiskies* et cognacs* traditionnels, nous avons choisi le rhum*. Nous avons donc une carte d’environ 80 rhums* issus de 40 pays différents. Nous avons quelque chose à raconter à nos clients. Ce bar a été créé vers 2002-2003, nous étions un peu précurseurs. Nous voulions une histoire de voyage, avec les rhums, mais aussi avec les cigares qui sont uniquement cubains. »

 

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Rien que pour se lover dans un des fauteuils, je suis prête à tenter le cigare ! Même si fumer, c’est mal. Crédit photo : Le Parc.

 

Pour Le Restaurant, l’Alsace a été repensée et revisitée, toujours avec le concours de Raymond-Emile Waydelich, ami de la famille. « Pour les vins*, par exemple, notre carte est fortement axée sur les appellations Alsace mais avec de viticulteurs moins présents et connus que certains autres. Ainsi, nous pouvons proposer de prolonger l’expérience chez le vigneron avec un accueil véritablement personnalisé », explique Maxime Wucher. Cela veut présenter aussi une Alsace plus détendue, avec un coucou qui chante, signé par l’artiste, dans la salle du restaurant.

Tomi, le petit-déjeuner spectacle

Tomi a une histoire forte. Le concept du petit-déjeuner spectacle est parti d’un constat simple : c’est la dernière image que le client emporte avec lui. Il fallait donc qu’elle soit belle, cette image, et disons-le tout net : qui n’a jamais été déçu par un petit-déjeuner continental, avec un croissant, quelques confitures… et finalement une addition qui fait rougir la CB lors du check-out ? Sur ce produit plutôt délaissé par les hôteliers français, l’équipe du Parc a pu marquer sa différence. La clientèle de l’établissement, plutôt cosmopolite, a l’habitude de petit-déjeuners bien mieux négociés et la proximité de l’Allemagne n’est pas étrangère non plus à cette initiative. « Il fallait un petit-déjeuner hors-norme ».

 

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Tomi ou le petit-déjeuner à un million ! Crédit photo : le Parc / eliophot.

 

Tomi a coûté plus d’un million d’euros et a été pensée avec des architectes basés à Dubaï et Kuala Lumpur, dont la carte de visite comprend des groupes comme Shangri-La, Hyatt et Mandarin Oriental. L’autre impératif était aussi l’adaptation aux clients, forcément amateurs des richesses du terroir alsacien.

Des recherches ont été lancées pour proposer des produits les plus locaux possible. « Nous avons réfléchi avec les producteurs. Nous voulions des produits du cru, c’est évident, mais qui sortent aussi de l’ordinaire. Cette démarche a été identique pour les travaux de réalisation, avec des artisans soigneusement choisis. Et l’art aussi. La collection des dessins de Tomi Ungerer, les vitraux réalisés par un artiste local : rien n’a été laissé au hasard. C’est aussi pour cette raison que ça a coûté aussi cher mais sans un investissement conséquent, on ne va nulle part. C’est valable pour chaque changement que nous effectuons ici et nous évoluons en permanence ».

5 étoiles : non merci

Aucune envie de passer du côté plus luxe des cinq étoiles au Parc. Car si l’établissement peut répondre aux exigences matérielles, le concept dominant doit rester le charme d’une maison familiale selon Maxime Wucher. « Je veux continuer à raconter une histoire à nos clients. Avec nos différentes ambiances où l’Alsace domine. Je ne préfère pas qu’elles soient gommées par le luxe et l’opulence qui découlent de l’obtention des cinq étoiles. La clientèle ne serait pas la même, ses attentes changeraient et ses exigences aussi. Je ne le souhaite pas m’enfermer dans le cadre qu’exigent ces cinq étoiles. Garder notre
liberté est à ce prix. Et je pense aussi que le coup d’avance dont nous parlons ne serait pas aussi aisé, nos innovations pourraient finalement être mal vues. Ce n’est pas du tout notre objectif. »

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Sachez consommer avec modération.

Le Parc, restaurants, hôtel et spa
169 route d’Ottrott 67210 Obernai
03-88-95-50-08
www.hotel-du-parc.com

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